La philosophie de l’école

blBruno Lécluse
Chairman et CEO du groupe Secom

Le constat :

La consommation des medias représente la première activité des français loin devant toute autre activité et presque à égalité avec le temps de travail. C’est une impressionnante évolution de ces 40 dernières années avec la multiplication des radios, des télévisions et la naissance du web. C’est dire l’importance et l’immense responsabilité que nous portons en travaillant au sein des medias. L’information représente une part significative du contenu des medias et bien souvent l’essentiel de la partie « fraiche » d’un medium. Ce passionnant métier de journaliste que nous exerçons a un impact considérable sur nos concitoyens. C’est pourquoi nous sommes souvent interpellés en qualité de journaliste sur trois points : L’exactitude de l’information, sa pertinence et sa dimension anxiogène. L’exactitude soulève deux questions : les sources et la rapidité de traitement de nos medias. – Les sources se laissent parfois polluer par certains sites web collaboratifs rédigés par des non professionnels. Si des professionnels se laissent « tenter » par ce type de sources facilement accessibles, ils « valident » ces sources et introduisent des inexactitudes rapidement reprises par toute la profession. – La rapidité de publication : Désormais l’information est diffusée en continue, les plus importants medias d’information ont instauré une veille rédactionnelle 24 heures sur 24. Nous sommes confrontés à une « consommation » massive d’informations avec un « besoin » de publication extrêmement rapide. Il y a une sorte de compétition entre nos medias de celui qui va publier avant l’autre. La rapidité ne fait pas bon ménage avec la vérification des sources et le discernement. Voilà pourquoi même de grands journalistes annoncent parfois le décès d’une personne bien vivante ou publient des informations partiellement inexactes… La pertinence et la question de l’utilité de certaines informations : Faut-il relayer certains propos ou certaines vidéos ? Faut-il respecter le droit à l’image du mort ? Donner des détails sordides de certaines affaires criminelles ? Voici quelques-unes des nombreuses questions qui se posent sur l’utilité de l’information. Il y a un juste discernement à opérer sur le fondement de l’attractivité de l’information. Cette information va-t-elle générer de l’audience pour son aspect original, passionnant et plein d’espoir ou pour son aspect voyeuriste, sordide et terrifiant ? Dans quel état va se trouver mon lecteur ou mon téléspectateur après avoir reçu mon article ? Mon angle éditorial rend il l’information vraiment utile ? A quel arbitrage je procède entre audience et déontologie ?

La bienveillance :

Face aux grands enjeux de notre société, voyons-nous le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Cherchons-nous à construire ? Quand nous faisons un portrait d’une personne, est ce que nous nous attachons à ses aspects plutôt positifs ? Laissons-nous libres ceux a qui nous nous adressons ? Notre journalisme est-il bienveillant ? Notre associée co-fondatrice Céline Guillaume, qui a développé une expertise dans le domaine du discernement professionnel et notamment dans la finalité d’entreprise, nous a proposé de baptiser cette filiale du nom de Socrate. Voici donc les trois fondamentaux sur lesquels nous avons créés notre société, en reprenant les filtres de Socrate : La vérité, l’utilité et la bonté. Ceux qui choisiront le verre à moitié vide diront peut être que nous sommes des idéalistes rêveurs vivant dans un monde de « Bisounours » …et pour les autres peux être y verront-ils une autre approche, nouvelle, exigeante et constructive de notre profession avec l’ambition d’y mettre des valeurs fortes au service de la liberté du journaliste et de celui qui reçoit l’information. Voilà notre ambition, former des journalistes exigeants sur la vérité, à la recherche d’utilité et avec un regard bienveillant. Et par-dessus tout, des journalistes bien formés pour être libres de toute influence et suffisamment sages pour ne pas abuser de l’influence liée à la puissance des medias.